Économie de la maison commune

 

IMG_3127 - paysage vivantLa sauvegarde de la terre nécessite impérativement que nous trouvions des réponses viables et durables aux grands défis posés par les changements climatiques, la protection de la biodiversité, les inégalités nord-sud, etc.

Il nous faut agir : individuellement d’abord en tant que consommateurs, salariés, entrepreneurs, politiciens, scientifiques de toutes disciplines, religieux et éthiciens; collectivement aussi, au sein des pays, des villes, d’associations nationales et internationales.

Mais nous le savons maintenant, l’action isolée et la pensée fragmentée génèrent souvent des solutions insatisfaisantes et mènent parfois à des situations pires que celles qu’elles voulaient corriger. Il nous faut donc agir ensemble. C’est pourquoi je prône dans ce blog que nous donnions un sens et une réalité au concept d’écologie intégrale en construisant des ponts et en défrichant des terrains d’entente.

À cet effet, l’économie est appelée à jouer un rôle particulièrement rassembleur. Cette discipline telle qu’aujourd’hui enseignée et pratiquée est cependant appelé à évoluer sensiblement. Je ne sais pas s’il est approprié de parler d’une économie de la maison commune mais j’utilise cette expression pour parler d’une économie qui aura réussi à mettre ses outils et ses institutions au service de la protection de la terre.

À ce égard, il est encourageant de constater que le discours économique évolue rapidement. En effet, de grandes instances comme le FMI, la BM et l’ONU et quelques grandes écoles tiennent maintenant un discours qui reconnaît que croissance économique, fiscalité verte, investissements responsables et prise en compte des impacts environnementaux vont de pair avec protection de l’environnement, réduction des inégalités de revenus et progrès. Timidement encore, le changement s’opère chez certains grands analystes et de plus en plus d’investisseurs recherchent des placement plus éthiques. De façon remarquable, une nouvelle économie se façonne au sein même de grandes écoles.

Sur ce dernier point, il convient de souligner les travaux de l’école d’économie de Toulouse (TSE) et de son président Jean Tirole qui vient de publier aux PUF un ouvrage qui nous présente une économie du bien commun, c’est-à-dire une économie qui a pour « objet de rendre le monde meilleur … et de promouvoir l’intérêt général ». Tirole y affirme que « le changement climatique est un problème de bien commun ».

Il est rafraîchissant de lire ce prix Nobel d’économie 2014 qui affirme d’emblée que sa discipline « n’est ni au service de la propriété privée et des intérêts individuels, ni au service de ceux qui voudraient utiliser l’État pour imposer leur valeurs ou faire prévaloir leurs intérêts »et qu’elle « récuse le tout-marché comme le tout-État ».

Il est encourageant de lire un économiste qui reconnaît les faiblesses, les limitations et les dysfonctionnements de l’économie telle que pratiquée aujourd’hui, qui dénonce la vision à court terme des politiciens et des détenteurs de pouvoir abusifs, en particulier ceux du monde de la finance et les spéculateurs qui ne se soucient pas des dommages qu’ils causent à l’environnement et aux autres acteurs économiques.

Un tel ouvrage peut servir de base au dialogue recherché entre l’économie et l’écologie. Reste à y rallier les politiciens embourbés dans le court terme et à changer nos comportements économiques.

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