Cesser de parler d’environnement ?

Je ne sais pas si comme moi il vous arrive de regarder les petits segments No comments d’Euro News.  J’ai cru utile d’utiliser ce moyen d’information pour vous faire part d’un court article de Jacques Attali paru dans le numéro du 28 juin 2017 juin de l’express car cet article se passe de commentaire.

Il est bon de temps en temps de réfléchir sur les mots que nous employons et dans cet article Attali nous propose de cesser de parler «d’environnement». Voici cet article.

Attali Cessons de parlr d'environnement

La guérison du monde

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À sa façon, toujours simple et remarquablement fouillée, Frédéric Lenoir fait le diagnostic de la maladie du monde actuel qu’il décrit comme un monde affecté de nombreux maux  : crises environnementale, agricole, économique et financière, politique, sanitaire et psychologique.

S’agissant d’un monde complexe , il démontre,comme tant d’autres analystes, qu’il est vain de prétendre le guérir en isolant « les problèmes les uns des autres » ou en ignorant « les causes profondes et intriquées ».

Lenoir propose au lecteur de bien connaître la nature du mal dont souffre le monde. Ce qui l’amène à faire une analyse historique des mutations profondes et rapides auxquelles il à été confronté et des conséquences qu’elles ont eu sur nos modes de vie, notre équilibre psychologique et même sur nos fonctions cérébrale ; le tout menant à « l’avènement d’une civilisation à l’échelles de la planète ».

Cette civilisation n’est cependant pas le fruit d’un dialogue des cultures. Elle est trop largement portée par les bouleversements technologiques et résulte d’une hégémonie de l’Occident et de ses valeurs.

Le processus de guérison du monde passe donc par une « critique lucide et argumentée des logiques mécanistes et mercantiles qui sont à l’origine de bien des dérèglements de la Terre et des sociétés humaines ». Elle passe aussi par une « reformulation des valeurs éthiques universelles » que sont : la vérité, la justice, le respect de l’autre la liberté l’amour et la beauté, par un refus de quantification de la vie, une révolution scientifique et une transformation individuelle

À lire: La guérison du monde paru en 2012

Économie du bien commun

IMG_0590_1Sous le titre Économie du bien commun, Jean Tirole, prix Nobel d’économie 2014 vient de publier un ouvrage remarquable dans lequel, dès l’avant-propos, il livre sa vision personnelle de la science économique.

Pour lui, « l’économie est au service du bien commun ; elle a pour objet de rendre le monde meilleur». Elle ne se substitue pas à la société pour définir ce qu’est le bien commun, mais elle «  peut orienter le débat vers les objectifs incarnés dans la notion de bien commun en les distinguant des instruments qui peuvent concourir à leur réalisation». Elle a aussi pour «tâche d’identifier les institutions et les politiques qui promouvront l’intérêt général».

Tour à tour, de façon simple et fouillée, il aborde le rapport de la société à l’économie, le métier d’économiste, ses grands acteurs que sont l’État et l’entreprise. Il apporte des éléments de réflexion sur les grands défis macroéconomiques actuels et explique comment relever le défi industriel tout en faisant en sorte que les biens et services soient au service du public.

Dans son encyclique Laudato Si’ le pape François appelle impérativement au dialogue des religions avec la science et l’économie. Il s’agit pour lui d’une rencontre absolument nécessaire à une mise en œuvre réussie du concept d’écologie intégrale. Pour Tirole, le changement climatique est un problème de bien commun et constitue un des grands défis de l’humanité. Le chapitre 8 de son livre intitulé : Le défi climatique présente maintes pistes pour alimenter ce dialogue.

À lire et à assimiler.

L’écologie de Jean Bédard

 

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Dès la parution du présent blogue, j’aurais dû vous parler de Jean Bédard ce philosophe, écrivain et paysan pour qui l’écologie est un art de vivre dont il ne cesse d’interroger et de vulgariser les différences facettes.  Sa définition de ce qui est écologique et sa pratique de l’écologie correspondent en tout point à ma vision de l’écologie intégrale.

En effet,ses écrits démontrent de façon limpide que la science et la philosophie ne suffisent pas à cerner les multiples facettes de l’écologie et que celle-ci ne serait être simplement scientifique et matérialiste. Ils réfutent une écologie qui se voudrait idéologique.

Par ailleurs, sa conception de l’écologie sociale considère l’être humain «dans son acceptation globale comprenant ses capacités physiques, politiques, pratiques, économiques, artistiques, scientifiques, philosophiques et spirituelles».

Enfin, il pratique avec ses amis de Sageterre une écologie fondée sur la « recherche d’actions visant l’amélioration concrète des conditions de vie de toute la communauté du vivant »

Quiconque s’intéresse à l’écologie intégrale trouvera  dans la lecture de son blogue  Jean Bédard, Paysan-philosophe et du site Ferme SageTerre, matière très inspirante pour la réflexion et pour l’action.

Les chrétiens et l’environnement

Giverny saturéeDepuis de nombreuses années, je me pose la question de la responsabilité des chrétiens eu égard à la protection de l’environnement. Quelle ne fut pas ma surprise en prenant connaissance d’une déclaration du Comité des affaires sociales de l’Assemblée des évêques du Québec portant spécifiquement sur ce thème et publiée le 28 mai… 1981. 

Cette lettre est encore brûlante d’actualité et on ne peut que faire le parallèle avec Laudato Si en particulier lorsque ses auteurs affirment qu’il s’agit d’une question de vie ou de mort qui concerne tout le monde et qui exige une réponse.

Ils interpellent les chrétiens en souhaitant « que les chrétiens se fassent reconnaître à tous les niveaux comme des intervenants positifs pour la solution de la crise et l’amélioration de la qualité de la vie pour tous »  et  en les invitant « non  seulement à la réflexion mais à l’action: celle qu’ils peuvent déjà réaliser dans leur vie personnelle …, mais aussi celle qu’ils peuvent entreprendre en se joignant aux groupes de sensibilisation, d’action et de pression grâce auxquels, en partie, les politiques gouvernementales et les décisions des entreprises industrielles, des syndicats et autres organismes visant à protéger l’environnement recevront un appui de principe et seront poussées vers une efficacité accrue. »

Une lecture qui fait beaucoup réfléchir!

 

Un coeur vert pour la Capitale: j’ose y croire

IMG_1904Quel beau projet nous a été présenté par M Vincent Galarneau dans l’édition du 29 juin du journal Le Devoir ! Nous est-il encore permis de rêver qu’un tel projet d’aménagement du magnifique terrain agricole des Soeurs de la Charité puisse un jour devenir réalité ? J’ose y croire.

En effet, s’il est un projet susceptible de mobiliser la population de notre capitale nationale, s’il est un projet avant-gardiste susceptible de faire l’envie du monde entier, s’il est un véritable projet phare pour Québec, c’est bien celui-là!

J’ose croire qu’il y a suffisamment de vision, d’expertise, de créativité, de bon sens dans notre région pour que s’élabore une alternative au seul projet qu’on nous propose à ce jour et qui prévoit la construction de quelque 6500 unités d’habitation réparties autour d’un maigre 10 % d’espaces verts.

J’ose croire que nos élus municipaux et provinciaux sont capables d’apprécier la chance extraordinaire que la région a de disposer d’un tel terrain, qu’ils auront le courage d’en protéger le potentiel et la volonté de le développer globalement.

J’ose croire que les facultés d’agriculture et d’alimentation, d’aménagement et d’architecture sauront se concerter pour faire de ce projet un véritable laboratoire de recherche et d’enseignement en agriculture urbaine.

J’ose croire que nos promoteurs immobiliers oseront l’avenir et le développement durable et sauront trouver leur compte dans de nouveaux modèles d’affaires compatibles avec le développement écologique intégral de ce terrain patrimonial.

J’ose croire enfin, que collectivement, on donnera espoir aux jeunes en particulier qui rêvent de doter Québec d’un coeur vert où la nature se laisse admirer, se révèle aux curieux et nourrit ses habitants.

Michel Paradis

La grande charte de l’écologie intégrale

IMG_0503La grande charte dont il est ici question, c’est Laudato Si, l’encyclique publiée en mai 2015 par le Pape François sur la sauvegarde de la terre notre maison commune. Et celui qui la qualifie ainsi, c’est Leonardo Boff, théologien brésilien de la libération dans un texte paru le 19 juin 2015 sous le titre : La Grande Charte de l’écologie intégrale : clameur de la Terre, clameur des pauvres et mis en ligne par Dial

Il s’agit d’une des meilleures analyses de cette encyclique et j’en recommande fortement la lecture.